Les émotions, pourquoi les écouter?

Dans ce deuxième article, j’avais envie de revenir sur les émotions car l’une des étapes du lien à soi passe par la reconnaissance de ses émotions. Ce n’est pas chose facile parce que, voilà, personne ne nous l’a appris. En conséquence, la plupart du temps nous les repoussons, les ignorons ou tentons de les nier, et quand nous sommes fatigués, à bout, elles prennent le dessus sur notre vie. Que nous le voulions ou non, elles nous mènent par le bout du nez ! Alors comment s’en sortir ?

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Ce que sont les émotions

Déjà, il faut comprendre de quoi nous parlons. Les émotions sont un melting pot du passé, de ce que l’on a vécu, mélangé à la culture, la situation, nos valeurs… Ce sont donc des rappels de vécus passés. Pourtant, vous allez me dire que vos émotions vous les ressentez bel et bien dans le présent. C’est certain. Au moment où nous vivons un évènement, quel qu’il soit, notre cerveau limbique, siège de notre mémoire, entre en résonance avec des évènements passés qui nous ont marqués. Si l’évènement était agréable, c’est l’effet « madeleine de Proust » qui nous amène à nous sentir bien, en confiance ou nostalgique. Si au contraire l’évènement était déplaisant, nous ferons tout pour éviter de le revivre. Plus l’émotion ressentie était forte, plus la mémoire sera vive et la réaction forte, comme un réflexe : nous chercherons soit à étouffer les signaux envoyés soit à agir pour fuir ou nous battre, ou parfois même nous resterons figés sans que ce soit rationnel.

En gros, nous ressentons les émotions grâce aux neurotransmetteurs émis par le cerveau qui stimulent alors des parties de notre corps. Chaque personne a son propre code mais qui n’a jamais ressenti ses boyaux se tordre de stress, le souffle court après un choc ou son cœur s’attendrir ? Les émotions sont donc des substances biochimiques dont le rôle est de transmettre une information. Ce sont des messagères.

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Les messages

Elles sont comme le facteur chaque matin, elles ne nous veulent ni mal, ni bien. Qu’arrive-t-il lorsque nous refusons d’ouvrir notre courrier ? Il peut s’accumuler dans la boîte, de plus en plus, avec des relances de plus en plus forte, jusqu’au jour où potentiellement, la boîte explose. Pour éviter le débordement, il est plus facile d’accueillir une lettre après l’autre lorsqu’elles arrivent.

Donc vous l’aurez compris, plus nous étouffons et repoussons ce que nous ressentons, plus les ressentis seront forts et désagréables jusqu’à ce que nous ressentions enfin le message et consentions à accueillir enfin l’information. Chercher à éviter de ressentir, augmente le risque de finir submergé. Même si l’information appartient au passé, le cerveau continue à maintenir ces sensations qui entretiennent la peur et peuvent devenir paralysantes.

Le déni émotionnel

Pour éviter de créer de nouvelles mémoires bloquées, il est important d’accueillir l’expérience telle qu’elle est, aussi agréable ou désagréable soit-elle. Pour pouvoir le faire, je vous accompagne à développer vos ressources intérieures et votre capacité d’accueil. L’un des premiers outils, le plus important selon moi, est simplement de rester en lien avec sa respiration. L’écouter telle qu’elle est, même quand elle est coupée. Elle est directement en lien avec nos ressentis, nos battements de cœur, nos émotions. Chercher à la changer pour s’apaiser revient à fuir la réalité. Accueillir sans jugement le fait que nous nous sentons mal est le premier pas qui permettra ensuite de poser des actions justes et de sortir des réactions automatiques. écouter votre souffle en tout temps.

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Dans un deuxième temps, observer ses pensées et ses réactions face aux autres et notamment aux enfants peut s’avérer très riche d’informations. Quel est notre réflexe, notre discours lorsque nous voyons un enfant pleurer ? Lui dire de ne pas pleurer ou de ne pas être triste parce que ce n’est pas grave, c’est nier son émotion. Généralement, lorsque l’on a tendance à ne pas vouloir voir les émotions des autres – elles font résonances avec les nôtres-, c’est que les nôtres nous dérangent. L’enfant se sent triste, c’est un fait et il a le droit de se sentir triste, même si « ce n’est pas grave ». En niant l’émotion de l’autre, nous nions sa réalité intérieure et nous apprenons aux enfants à étouffer leurs émotions que nous cherchons à réparer devenus adultes… Le joli cercle vicieux ! Une autre attitude possible serait de reconnaître l’émotion de l’enfant et lui proposer un autre point de vue offrant tout le champ des possibles : « c’est normal que tu te sentes triste, regarde ce que tu as appris et ce que t’as permis cette situation », l’idée c’est d’en ressortir grandi, avec plus d’expérience, de dézoomer de l’expérience.

Entrer dans une nouvelle conscience

En accueillant l’information-émotion, nous passons de l’inconscient au conscient, nous cessons d’être des marionnettes ayant des réactions incontrôlées. Mais comment on fait ça ? Le neuroscientifique Joseph LeDoux et ses collègues ont montré que la seule façon d’accéder au cerveau émotionnel passe par la conscience de soi, qui consiste à activer le cortex préfrontal médian, qui sert à comprendre ce qui se passe en soi et permet de ressentir les émotions. Tiens, tiens, nous retrouvons l’importance du lien à Soi ! Je vous renvoie au premier article de ce blog !

Le cerveau conscient est tourné vers l’extérieur, là où les émotions n’existent pas. Pour pouvoir changer nos réactions, influencer positivement notre vie et la façonner selon nos désirs, nous devons franchir le seuil de l’inconscient en entrant en lien avec ce qui se passe à l’intérieur de soi et commencer petit à petit à accueillir sans jugement ce qu’il s’y trouve même si nous avons plutôt envie de le fuir le plus loin possible.

Traverser les peurs, la honte, la colère peut s’avérer difficile, c’est pourquoi lorsque c’est trop dur de faire face, il est important de pouvoir être accompagné dans la confiance au rythme nécessaire et avec douceur. Cela peut prendre plus ou moins de temps selon les vécus mais c’est un chemin plein de richesse qui nous permet de changer notre vie.

Si vous vous retrouvez dans ces mots, je vous accompagne avec plaisir à décoder vos émotions et devenir le créateur de votre vie.

Au plaisir de lire vos commentaires,

Delphine